Mme Ségolène Amiot
La France insoumise - Nouveau Front PopulaireRésumé généré automatiquement
Le groupe votera contre, estimant que le texte réduit les droits des salariés, notamment les plus précaires et les seniors, et constitue une attaque contre l’assurance chômage.
Position annoncée : « le groupe La France insoumise s’oppose résolument à cette nouvelle réforme. »
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Avec ce projet de loi inscrit en priorité à l’agenda parlementaire, il n’y a plus de doute sur l’intention du gouvernement de s’attaquer au droit à l’assurance chômage de l’ensemble des salariés ayant signé une rupture conventionnelle. Le contenu de ce texte est très simple à comprendre. Parce que des travailleurs et des travailleuses n’ont pas attendu d’être licenciés, le gouvernement va leur imposer la perte de trois mois de chômage s’ils sont âgés de moins de 55 ans et la perte de trois à six mois d’indemnisation au-delà de cet âge. Lors des débats, le gouvernement n’a pas pu cacher que ces reculs affecteront encore une fois les personnes qui sont déjà les plus discriminées dans la recherche d’emploi, c’est-à-dire la tranche d’âge des 55-64 ans – dont seulement 15 % retrouvent un emploi dans l’année qui suit leur licenciement –, les femmes et les travailleurs les moins qualifiés.
En première lecture, notre assemblée a rejeté ce projet de loi, qui ne traduit ni une demande syndicale, ni une demande patronale. La majorité des organisations étaient opposées à la réduction des droits au chômage pour les 55 ans et plus, mais le Medef a poussé ce texte. Par la suite, la CFDT a considéré qu’il n’était pas problématique car il existait des voies de recours, tandis que la CGT et la CFE-CGC l’ont rejeté en bloc.
Alors que, pour arracher un accord, la droite ne cesse de lancer des affirmations plus fausses les unes que les autres, je me permets de rappeler quelques faits établis. Premièrement, le recours à la rupture conventionnelle, en hausse, ne constitue en aucun cas une fraude à la démission. Vous avez tenté de dire le contraire lors des négociations avec les syndicats en vous fondant sur un document hautement idéologique de l’Institut des politiques publiques, produit par des proches de Pierre Cahuc, l’un des précepteurs d’Emmanuel Macron. Toutefois, j’ai récemment appris que des experts seniors de cet institut contestaient la validité économique de ce document et lui opposaient d’autres études démontrant que la substitution des ruptures conventionnelles aux démissions demeurait marginale. Dans le même temps, EPR, DR et RN ont nié l’état de subordination des salariés qui acceptent ces ruptures afin de justifier la réduction de leurs droits.
Deuxièmement, les chômeurs ne sont pas des personnes oisives qui sollicitent le chômage « pour se la couler douce ». (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Une étude de l’Unedic parue hier établit, d’une part, que la grande majorité des inscrits à France Travail reprennent un travail rapidement – au quatrième mois d’indemnisation, la moitié des allocataires ont déjà retravaillé –, et, d’autre part, qu’ils se trouvent beaucoup plus exposés à des contrats précaires. C’est l’effet direct du salariat à la tâche ! Les politiques fondées sur l’argument de l’oisiveté ne respectent pas les travailleurs et ne visent qu’à détruire notre système social.
Chantage à la signature de l’avenant, documents d’information erronés : loin d’être le fruit du dialogue social, ce projet de loi fait l’objet d’un passage en force, imposé aux travailleurs et travailleuses. Une fois de plus, les droits sociaux sont méthodiquement démolis par le président Macron et ses lieutenants ! Conformément au projet d’Édouard Philippe annoncé dès 2019, Gabriel Attal, premier ministre non regretté, exigeait en 2024 une réduction de six mois de la durée d’indemnisation et vient d’annoncer, confusément, qu’il compte la réduire davantage s’il était élu l’an prochain.
Face à ces attaques, qui sont soutenues par le Rassemblement national, je réaffirme, au nom du groupe La France insoumise, que bénéficier du chômage, en France, est un droit. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Dans un pays qui compte 15 millions de pauvres et 8 millions de chômeurs, le groupe La France insoumise s’oppose résolument à cette nouvelle réforme. Quel que soit le vote d’aujourd’hui, le prochain gouvernement du président Mélenchon aura pour travail d’abroger vos réformes antisociales ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
Séance du 2 juin 2026 · Compte rendu officiel