L’engagement des députés du Rassemblement national a toujours été guidé par la boussole de l’intérêt général. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Sa considération nous guide dans tous les combats que nous menons, contrairement à vous, chers collègues. (M. Manuel Bompard mime de nouveau quelqu’un qui pleure.) En effet, en janvier dernier, nous nous sommes déjà prononcés sur l’accord avec le Mercosur dans le cadre d’une proposition de résolution européenne et vous aviez voté contre les mêmes dispositifs. Nous proposions déjà à l’époque de saisir la Cour de justice de l’Union européenne. Il suffit de regarder les scrutins publics – Mme Panot, autrice de la présente proposition de résolution, était là. Et, monsieur Tavel, vous êtes quand même gonflé de venir nous dire aujourd’hui qu’il faut s’opposer à l’accord avec le Mercosur. Il y a dix mois, vous ne vous intéressiez pas aux agriculteurs ; au mois de novembre, soudainement les agriculteurs existent !
Chers collègues, vous ne connaissez pas l’agriculture.
Il faudrait parfois sortir des villes où vous êtes élus pour aller dans les campagnes et rencontrer les agriculteurs – la situation est en effet gravissime. L’accord avec le Mercosur représente un danger énorme qui aggravera encore leur désarroi car ils le ressentent comme un abandon majeur. Ce sont des dizaines de milliers de tonnes de viande et plus généralement de produits agricoles qui entreront dans notre territoire. Nous deviendrons alors une nation dépendante de l’étranger pour nous nourrir, alors que la souveraineté alimentaire est absolument essentielle. Depuis huit ans, Emmanuel Macron a procédé à la destruction de l’industrie, l’énergie, les services publics ou de la diplomatie et il veut à présent mettre un terme à l’agriculture française.
Monsieur le ministre, vous montez à la tribune pour faire un discours de techno, alors que vous auriez dû annoncer que le gouvernement allait se battre pour que l’accord avec le Mercosur ne soit pas ratifié. Vous devriez démissionner si vous pensez vraiment qu’il s’agit d’un mauvais accord mais vous ne le faites pas. Quant à Mme la ministre de l’agriculture, elle n’est même pas présente. Défend-elle vraiment les agriculteurs ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Je l’ai vue au mois de février à la foire aux fromages de Coulommiers, où elle était venue dire aux agriculteurs qu’elle refuserait l’accord avec le Mercosur. Il est inacceptable qu’elle ne soit pas présente dans l’hémicycle aujourd’hui alors que nous examinons un texte sur l’agriculture. Mme la ministre de l’agriculture démissionnera-t-elle si l’accord avec le Mercosur est ratifié ou préférera-t-elle garder son siège de ministre ? Voilà pourquoi le gouvernement n’est pas censuré.
Les socialistes sont montés à la tribune pour s’opposer à l’accord avec le Mercosur, mais ce sont des sociaux-traîtres, qui sont également traîtres à nos campagnes. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Vous auriez dû censurer le gouvernement comme nous l’avons fait. Les agriculteurs et les campagnes paieront le prix de votre refus de le censurer. M. Faure, notre collègue de Seine-et-Marne qui jamais ne défend les agriculteurs dans notre territoire, n’est même pas là. Il n’en a rien à faire ! La seule chose qui le maintient est la volonté de rester à son poste ; pour cela il refuse de censurer le gouvernement, en s’entendant avec les LFI pour éviter la censure.
Nous, en revanche, nous défendons les agriculteurs, nous sommes fiers d’être avec eux et nous nous opposons à l’accord avec le Mercosur. Nous voterons donc malgré tout pour cette proposition de résolution, mais c’est parce que nous sommes animés par le souci de la cohérence et de l’intérêt général. (Vifs applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)