M. Emmanuel Maurel
Gauche Démocrate et RépublicaineRésumé généré automatiquement
Le groupe votera pour, estimant que le texte répond à des besoins croissants en orthophonie malgré certaines insuffisances.
Position annoncée : « C’est la raison pour laquelle nous allons la voter, et nous remercions le groupe Horizons de l’avoir inscrite à l’ordre du jour. »
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C’est une bonne chose de finir cette journée avec un texte qui fait plutôt consensus. La présente proposition de loi tente de répondre à une situation paradoxale : alors que le nombre d’orthophonistes augmente, les délais d’attente ne cessent de s’allonger. Je ne parle même pas des disparités régionales auxquelles la rapporteure a fait allusion.
Plusieurs facteurs expliquent cet allongement des délais : l’élargissement progressif du champ d’intervention, une meilleure sensibilisation des enseignants aux troubles de l’apprentissage, les relations tissées avec les médecins, qui connaissent donc mieux l’orthophonie qu’auparavant, les habitudes sociales – l’exposition précoce aux écrans est susceptible de causer des retards ou des troubles du langage – ou encore le vieillissement de la population. Les besoins en orthophonie s’accroissent, alors que l’accès aux soins reste largement insuffisant. La proposition de loi entend adapter l’offre de formation à la demande croissante.
Je m’efforcerai d’être bref pour que nous puissions voter le texte, mais je tiens à en souligner certains manques.
Madame la rapporteure, vous avez dit que votre proposition n’instaurait pas de numerus clausus mais, dans les faits, c’est ce que vous faites, et cela doit être questionné.
Les moyens accordés à l’université sont très insuffisants si l’on souhaite vraiment rééquilibrer la répartition territoriale de l’offre de formation – c’est un problème.
J’insisterai sur la désaffection à l’égard de l’hôpital public. L’immense majorité des orthophonistes exercent en libéral. Or nous en avons aussi besoin à l’hôpital public, afin d’intervenir à la suite d’un AVC, d’une opération pour un cancer ou d’un traumatisme crânien. Il faudrait donner plus de moyens aux hôpitaux.
Les répercussions sur les soins sont importantes : un orthophoniste exerçant à l’hôpital, dans un Ehpad ou un institut médico-éducatif (IME) assure un suivi au long cours et inscrit sa pratique dans un projet d’établissement. On observe ainsi une raréfaction des lieux de stage pour les étudiants, alors que les périodes de stage représentent 29 % du temps de formation en licence et 50 % en master.
Je voudrai évoquer un dernier point – la rémunération. Les orthophonistes gagnent à peine plus que le smic, alors qu’ils ont suivi une formation bac + 5. Cela fait partie des défis à relever, mais que la proposition de loi n’évoque pas.
Nous avons donc quelques réserves, ou plutôt quelques points d’attention. La proposition de loi va cependant dans le bon sens et elle répond à des aspirations croissantes de nos concitoyens. C’est la raison pour laquelle nous allons la voter, et nous remercions le groupe Horizons de l’avoir inscrite à l’ordre du jour. (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et HOR.)
Séance du 3 avril 2025 · Compte rendu officiel